• QUI SUIS-JE?
  • Sous nos latitudes Ivoiriennes
  • sous les tropiques Africains
  • hors d'Afrique
  • un oeil sur la planète
Le Grognon
25. juin
2015
sous les tropiques Africains
3

Églises de Réveil en Côte d’Ivoire : Au nom de Dieu… et du fric !

La passion pour Dieu n'a pas de prix
La passion pour Dieu n’a pas de prix

Le vieux continent est en proie à une crise de foi notamment à travers une déchristianisation très marquée (un net recul de la chrétienté) ; l’Afrique, a contrario, semble connaitre un véritable âge d’or religieux, du moins pour ce qui est des religions célestes. Tant et si bien que, selon le mot du Pape François, « elle est le poumon spirituel du monde ». A côté de la généralisation de la pauvreté au sein des masses populaires, la foi religieuse est l’une des choses les plus partagées à l’échelle du continent africain. L’Église traditionnelle (catholique et protestante) réputée pour sa grande solennité, son orthodoxie et sa liturgie très strictes se voit de plus en plus damée le pion par les Églises dites de réveil beaucoup plus « transigeantes » et festives. Sans coup férir, elles fleurissent a tous les coins de rue, investissent tous les espaces précédemment dédiés a la culture (salles de cinéma, de spectacle), hangars désaffectés, domiciles privés, stades et écoles à l’occasion, bref un maillage géographique important qui en dit long sur le prosélytisme mis en œuvre par ces activistes religieux d’un nouveau genre.

Bien entendu, ce foisonnement, cette explosion de lieux de cultes informels, car n’ayant pas d’agréments du ministère de l’intérieur pour la quasi-totalité d’entre eux, inquiètent et interpellent. Au delà des déclarations de bonnes intentions, des proclamations publiques d’évangélisation et de conversion des âmes, l’appât du gain et la course aux richesses matérielles contribuent très largement à l’expansion de ces églises de réveil. A ce titre, la presse n’en finit plus de se faire l’écho des déboires ou des arnaques financières dont bien des fidèles sont victimes. Autant la pluie se prépare par l’amoncellement des nuages, autant les portes de la richesse dans ce milieu éminemment concurrentiel s’ouvrent par une très bonne réputation.

Une course à la réputation

A l’instar des shows américains , les Églises de réveil les plus nanties ne lésinent pas sur les moyens pour se singulariser et attirer in fine des personnalités de premier plan : battage médiatique, écrans géants, service d’ordre, orchestre , chorale, salle climatisée , orateurs de talent, en somme de véritables opérations de communications rondement menées avec à la clé « des séances de guérisons et de miracles » qui subjuguent les fidèles et les prédisposent, surtout les plus fortunés, a délier les cordons de la bourse. L’on a encore en mémoire les retentissantes révélations dans la presse ivoirienne d’un ex-initiateur de ces Églises dites de réveil aujourd’hui « repenti » du nom de Béhanzin. Lesquelles révélations ont mis au grand jour la conclusion de pactes de certains gourous religieux avec des forces obscures pour opérer « des prodiges » « lors de ces fameuses séances « de guérisons et de miracles ». Il est établi que celles-ci (avérées ou truquées selon les avis) ont un formidable effet d’entrainement sur les masses sociales participant ainsi de facto à la bonne renommée des Églises de réveil et donc à leur enrichissement.
Une course à l’enrichissement

La frontière entre la supercherie et les pratiques qui ont cours dans ces Églises est si mince qu’on se demande ou sont passés les enseignements de l’Église primitive repris aujourd’hui à juste titre par le Pape François au sens d’une vie de dépouillement, de sobriété et de renoncement. Tout porte à croire que le maitre-mot semble être la recherche des biens matériels tant il est vrai que « ces hommes de Dieu » mènent grand train, ils roulent carrosse non sans créer une véritable disparité matérielle d’avec la majorité de leurs ouailles mis à rude contribution financière. La formule est du reste bien connue sous les latitudes ivoiriennes, par ces temps de difficultés économiques un des filons les plus sûrs pour s’en sortir est de créer tout bonnement son Église fut- ce dans un domicile privé, la crédulité des masses populaires aidant plus un certain talent d’orateur et l’affaire est pliée. Auto-affublés des titres ronronnants de « prophètes », de « pasteurs », « de révérends », « de serviteurs de Dieu », ils monnayent au prix fort leurs prières d’intercession, leurs bénédictions en somme leurs prestations spirituelles. L’opinion publique leur prête cette formule « petit argent, petite bénédiction » comprenez simplement que la modicité du don ou de l’aumône entraine aussi une petite prière.
En tout état de cause, sans vouloir jeter l’opprobre sur l’ensemble des Églises dites de réveil, il faut assainir ce milieu, en revenant à un véritable réarmement spirituel car comme l’énonce avec raison ce verset biblique « on ne peut servir deux maitres à la fois » c’est-a-dire DIEU et la poursuite effrénée du monde matériel.

Lire la suite
Article : De la FIFA aux républiques Africaines
hors d'Afrique
0
17 juin 2015

De la FIFA aux républiques Africaines

Le président démissionnaire de la FIFA: Sepp Blatter.
Le président démissionnaire de la FIFA: Sepp Blatter.

Avec la FIFA, beaucoup de républiques africaines  découvrent ou redécouvrent une institution sœur voire jumelle…

La dernière tempête médiatico-financière qui agite avec rage la puissante FIFA doit rappeler des souvenirs à certains dirigeants africains… Au jeu des comparaisons, tout porte à croire que la puissante instance du football mondial et la majorité des États africains se soient passés le mot pour cultiver ensemble les mêmes pratiques , adopter les mêmes mœurs de gestion et in fine être abonnés aux scandales à répétitions.

Des parallèles troublants…

S’ils se trouvent sous des latitudes différentes, la FIFA et les États africains en général n’en partagent pas moins une corruption endémique. Les dernières révélations du FBI relativement à ce qu’il est convenu d’appeler aujourd’hui le FIFAGATE sont troublantes à ce titre.

De l’achat des voix lors de l’attribution des coupes du monde à l’Afrique du sud, à la Russie et au Qatar en passant par les pots de vins que nombre de membres du comité exécutif ont perçu pendant des décennies, l’élite dirigeante de la FIFA semble avoir institué comme mode de gestion un véritable système de corruption et de concussion .

Que dire de la majorité des États africains ? Rien à envier à la FIFA, tous étant pratiquement logés à la même enseigne. La gouvernance en Afrique se conjugue très souvent avec gabegie, malversations, clientélisme et opacité. Il est bien connu sur le continent africain que les recettes liées aux nombreuses ressources géologiques ne sont pas toutes inscrites au titre du budget, une bonne part non budgétisée prenne le chemin des paradis fiscaux et autres comptes bancaires à l’étranger.

Ces pays immensément riches aux populations immensément pauvres sont victimes surtout de la mauvaise gouvernance ou de la non gouvernance économique. Prises au piège d’une oligarchie financière, la FIFA et nombre de pays africains (surtout ceux de l’Afrique centrale) se singularisent aussi par le refus de l’alternance.

Le refus de l’alternance

Sepp Blatter vient d’entamer son cinquième mandat ? Les autres – Mugabe, Paul Biya, Obiang, Sassou n’Guesso… – en sont à leur septième, huitième, neuvième… et tous ont en commun d’être des personnes du troisième, voire du quatrième, véritables réfractaires au changement générationnel. Ils semblent épouser en chœur l’idée selon laquelle « arrivé au pouvoir, j’y suis, j’y reste ». Il y a lieu de préciser que la démission forcée du président Blatter (très probablement visé incessamment par une information judiciaire) n’enlève en rien son amour dévorant du pouvoir.

Vivement que la FIFA et bien d’Etats africains fassent leur mue, qu’ils se réconcilient avec l’orthodoxie financière et l’alternance générationnelle pour le plus grand bien de la planète foot et des peuples africains en général.

Lire la suite
02. juin
2015
hors d'Afrique
0

Du patriotisme économique en France au bradage économique en Afrique

Arnaud Montebourg à Emmanuel Macron le patriotisme économique reste de vigueur en France.
Arnaud Montebourg à Emmanuel Macron le patriotisme économique reste de vigueur en France.

Nul besoin de faire de l’intelligence économique ou de sortir de l’école de guerre économique de Paris pour réaliser que les entreprises nationales opérant dans des secteurs dits névralgiques ou les entreprises à forte valeur ajoutée constituent des leviers de la souveraineté d’un État. C’est une question de bon sens et une exigence dans l’air du temps. Comment peut-il en être autrement dans cette mondialisation hautement concurrentielle que le politologue camerounais Jean de Dieu Ayissie qualifie avec raison de « mondialisation des prédations » ; sauf qu’en Afrique, on voit les choses sous le prisme déformant de la privatisation à tout va que dis-je du bradage ou du pillage de nos sociétés nationales et partant de nos intérêts économiques.
-Une véritable OPA sur les ressources économiques africaines !

bolloré: l’orgueil de la France.
Bolloré: l’orgueil de la France.

Là ou la France et au-delà l’Occident mettent un point d’honneur à préserver leurs fleurons économiques pour éviter qu’ils ne tombent sous pavillon étranger ; l’Afrique a contrario constitue le terrain de chasse favori des transnationales ou des multinationales. Une privatisation à marche forcée portée par les institutions de Brettons Wood qui a vu des pans entiers de nos économies englouties par des firmes étrangères. A L’évidence, ce libéralisme débridé fait le jeu des puissances étrangères comme la Chine dont rien n’échappe à l’appétit carnassier. Terres arables, ressources du sous-sol, secteurs névralgiques comme l’eau, l’électricité, les télécommunications, les ports, aéroports… En somme, tout y passe. On ne saurait passer également sous silence la position économique dominante des ex-puissances coloniales européennes en Afrique. Elles considèrent à tort ce continent comme leur pré carré ou leur arrière-cour. A ce titre, le cas de la Côte d’Ivoire est assez édifiant et largement représentatif des pratiques économiques des anciennes métropoles. En effet, de Bouygues à France télécoms en passant par Bolloré, BNP-PARIBAS, la Société générale et autres myriades entreprises, les sociétés françaises semblent faire la pluie et le beau temps en terre d’Eburnie. Elles sont en situation de quasi-monopole et c’est peu que de le dire. Ce monopole de fait agace plus d’un, notamment l’actuel ministre du Commerce Jean-Louis Billon qui a publiquement critiqué la seconde concession du terminal à conteneurs du port autonome d’Abidjan au groupe français Bolloré (déjà détenteur de la première concession). S’il est clair que les multinationales se frottent les mains financièrement parlant en concluant des contrats de dupes et empochant au passage des superprofits ; il est tout aussi clair que les pouvoirs publics africains sont complices de ce bradage économique.
-La complicité de nos pouvoirs publics
Il est sans conteste que les chefs d’État africains et par extension les hauts dignitaires des États africains font le lit de cette politique de captation ou de pillage systématique de nos ressources économiques. Dans cet ordre d’idée, on a en vue la relation incestueuse entre la France et certains chefs d’Etat africains connue sous le vocable pudique de Françafrique, un véritable réseau de collusions financière, économique et politique au service principalement des intérêts français.
Les accords de partenariat économique (APE) en passe d’être signés entre l’Europe et les chefs d’État  africains pourraient en outre aggraver cet état de prédation économique. En fait, un accord de libre- échange, une déréglementation douanière exposerait le continent à une invasion de son marché, elle signifierait l’effondrement de son tissu industriel embryonnaire. Quand on sait le poids financier et la force industrielle des mastodontes ou transnationales européennes et le manque de compétitivité de nos produits à l’international, on n’est pas loin de penser que les APE sont en défaveur du continent africain.
En définitive, à défaut d’une renationalisation de nos entreprises stratégiques, il faut que nos Etats en deviennent des actionnaires majoritaires sans complexe aucun. Si le patriotisme économique est de rigueur en France et sous d’autres latitudes, pourquoi l’Afrique se fera-t-elle hara-kiri en vendangeant ses ressources économiques ? Il y va de notre survie et de notre souveraineté.

Lire la suite
Article : L’envoi de 2 100 soldats sénégalais en Arabie saoudite : un parfum de pétrodollars
hors d'Afrique
4
24 mai 2015

L’envoi de 2 100 soldats sénégalais en Arabie saoudite : un parfum de pétrodollars

En dépit des dénégations officielles, la polémique ne semble pas retomber concernant la décision du président Macky Sall de procéder à l’envoi de 2 1OO soldats sénégalais en Arabie saoudite dans le cadre de la guerre que mène ce pays contre les rebelles « houthis »

le président Sénégalais Macky Sall. wikimedia.org
Le président Sénégalais Macky Sall. Wikimedia.org

Une controverse qui enfle à juste titre et qui interroge sur les véritables motivations qui ont présidé à cette mesure assez inhabituelle. En effet, le nombre important de soldats sénégalais en passe d’être engagés dans ce conflit et l’éloignement du théâtre des opérations ( le Sénégal étant à des années-lumière ) nourrissent des doutes raisonnables sur le caractère amical et religieux (la participation à la défense des lieux saints) que défendent les autorités sénégalaises. Sans nier que le Sénégal a une  forte tradition de pays contributeur de troupes aux opérations de maintien de la paix de l’ONU. Tout porte à croire que pour ce coup là, le pays de la Téranga  va monnayer au prix fort sa participation massive à la coalition militaire contre les « houthis ». Sans parler avec l’assurance d’un prophète, néanmoins se dégage un parfum de pétrodollars de cet envoi extraordinaire de troupes à l’extérieur. Quand on sait que ce conflit à fort relent religieux (sunnites contre chiites) est un conflit lointain, qu’il n’est pas sien et que pour l’heure aucun pays de la coalition n’a décidé de l’envoi de troupes au sol, on est assez intrigué par l’activisme militaire sénégalais. Mais au fond, personne n’est dupe, un accroissement de l’aide économique apportée par Riyad a très certainement pesé dans la balance.

Un paradoxe humanitaire.

les troupe sénégalaises de maintien de la paix.
Les troupe sénégalaises de maintien de la paix.

Sinon, les foyers de tensions ne manquent pas à l’échelle de l’Afrique (l’est de la RDC, le Nord-Mali, le Sud-Soudan, la RCA…), le Sénégal aurait pu y déployer ses troupes ou y renforcer sa présence. Le dicton est connu, on balaie devant sa porte avant d’aller voir ailleurs. Cette attitude de l’exécutif sénégalais pourrait être assimilé à bien des égards à du mercenariat d’État déguisé qui exposerait ses soldats à des risques certains lors d’une confrontation ouverte avec les miliciens houthis. Malheureusement, une partie de l’élite dirigeante africaine continue d’étonner et d’agacer par certaines prises de décisions qui déshonorent tout le continent. Faut-il le rappeler, le continent africain ne saurait s’enfermer indéfiniment dans des rapports de vassalité avec les autres parties du monde fut-ce des puissances financières, car la dignité ne saurait s’accommoder de compromissions financières.

Lire la suite
20. mai
2015
hors d'Afrique
0

L’affaire Serge Atlaoui: l’activisme de la France,un cas d’école pour l’Afrique.

A coté du fossé qui existe entre l’Afrique et l’Occident, ces deux parties du monde semblent être également à des années lumières l’une de l’autre en matière de défense de leurs ressortissants à l’étranger. La France vient d’en administrer la preuve de fort belle manière. L’activisme remarquable qu’elle déploie dans la perspective de la non exécution de son ressortissant Serge Atlaoui en Indonésie a très certainement valeur d’exemple à l’échelle de toute l’Afrique.

manifestation pour la libération de Serge Atlaoui à Paris.
manifestation pour la libération de Serge Atlaoui à Paris.

Une prise d’otage médiatique et politique.

En effet, condamné à mort par la justice indonésienne dans une affaire de trafic de drogue, le sort du français ne laisse pas pour autant indifférent, il mobilise la France officielle (l’Élysée, Matignon, le Quai d’Orsay) mais aussi de la France du citoyen lambda (à travers les marches de soutien).

Une indifférence coupable de tous nos « je suis Charlie ».

Toute chose qui tranche d’avec l’indifférence voire le mépris des États africains concernant leurs ressortissants de la diaspora très souvent victimes d’abus judiciaires ou de mauvais traitements.

Et pourtant…

De la condition déplorable des travailleurs migrants noirs dans les champs de tomates en Italie qui tourne à la pure exploitation en passant par les abus dans certains centres de rétention et les expulsions manu militari par charters des immigrés illégaux dans la plus grande indignité, la matière ne manque pas pour que nos pouvoirs publics lèvent la voix. Oh que non, englués qu’ils sont dans un silence assourdissant qui frise à certains égards la complicité coupable. Si en interne, certains États africains se présentent comme les principaux bourreaux de leurs populations en termes de répression policière, d’abus judiciaires ou de laxisme sécuritaire, que pourrait-on attendre d’eux raisonnablement en matière de réactivité internationale ? Pas grand-chose vraiment. D’ailleurs, les quatre ressortissants nigérians condamnés à mort dans cette même affaire de drogue ont été passés par les armes sans provoquer la moindre indignation de la première puissance économique d’Afrique et pourtant Dieu seul sait si le procès a été émaillé d’irrégularités.

Tout porte à croire que les dirigeants occidentaux et africains ne semblent pas être taillés dans le même bois, ils ne semblent pas avoir la même table de valeurs relativement à la vie de leurs ressortissants respectifs. Ce désintérêt de l’élite dirigeante africaine pourrait bien révéler en réalité l’influence quasi inexistante du continent sur l’échiquier mondial. En effet, la maxime est connue, la main qui donne est celle qui ordonne, quand le budget de financement de la commission de l’union africaine est financé à plus de 60% par l’aide extérieure, quand de nombreux pays africains sont tributaires de l’aide au développement que dis-je de l’aide à l’assistanat, alors, il est plus qu’évident que nos dirigeants s’enferment dans un mutisme déshonorant. Briser le cercle de la dépendance économique africaine, c’est le prix d’une relation décomplexée d’égal à égal avec les autres parties du monde sous peine que sa diaspora soit toujours en butte à de mauvais traitements dans la plus grande indifférence .

Lire la suite
13. mai
2015
Sous nos latitudes Ivoiriennes
13

Ecole ivoirienne : ces prédateurs sexuels

nos élèves:ces nouvelles proies.
nos élèves:ces nouvelles proies.

Si la pratique est perceptible sous d’autres latitudes (avec un seuil relativement faible), la prédation sexuelle en milieu scolaire ivoirien par contre semble prendre une résonance, un relief fort particulier tant et si bien qu’elle n’émeut plus outre mesure. Elle se propage comme le ver dans le fruit et fait figure de véritable fléau qui gangrène toute la communauté éducative.

L’anormal devient normal au pays du banal

La banalisation des relations sexuelles entre formateurs et apprenants est telle que l’imagerie populaire ivoirienne assimile à bien des égards le corps enseignant au vice , un corps volage ou les préoccupations du bas de la ceinture (le sexe) l’emportent très largement sur les préoccupations d’instruction et d’éducation des enfants à eux confiés par l’Etat de Côte d’Ivoire. Sans vouloir jeter l’opprobre sur l’ensemble du personnel enseignant et du personnel d’encadrement ivoirien, il n’en reste pas moins qu’ils sont bien nombreux aujourd’hui ces proviseurs, ces censeurs, ces éducateurs à manger de ce pain immoral et immonde. Ces coureurs de gamines pullulent au sein de nos établissements déguisés en formateurs et en éducateurs.

Hélas, elle semble bien loin l’image de l’école ivoirienne perçue comme une institution assez puritaine, éminemment éducogène nourrie en cela par ce phénomène de massification sexuelle qui enlaidit cette noble institution. Malheureusement, la prédation sexuelle ne s’arrête pas aux portes de l’école, bien au contraire, elle est une pratique exogène, c’est-à-dire commise par des acteurs non scolaires. Tout porte à croire que les jeunes collégiennes et lycéennes constituent des cibles de prédilection pour bien nombre de carnassiers sexuels tapis au sein de la société. Tenez, le ministère de l’Education nationale a enregistré pour la seule année académique passée (2013-2014) pas moins de  4 076 cas de grossesse, comme quoi la gent féminine scolaire baigne dans une atmosphère de forte sollicitation sexuelle aussi bien en interne qu’en externe. Que fait le ministère de l’Education nationale face à cette corruption avancée des mœurs scolaires ? Rien, sinon presque, hormis quelques mises en garde aussi tièdes qu’inefficaces à l’endroit de son personnel, le ministère semble s’accommoder de cette situation et s’emmure dans un silence assourdissant. Plus que jamais, il importe de revenir à la moralisation du milieu scolaire ivoirien, d’engager son réarmement moral afin qu’il redevienne une poche de moralité pour le plus grand bien des apprenants et de la société.

Lire la suite
24. avril
2015
Non classé
0

Guinée : au secours ! les élections arrivent

guineeMalheureusement, les élections passent et se ressemblent au pays du NON au général de Gaulle. Elles restent anxiogènes, conflictuelles et très souvent dramatiques. En  dépit du poids de l’âge (l’une des premières Républiques d’Afrique à accéder à l’indépendance), tout porte à croire que les élections à venir n’échapperont pas à ce triste cycle de violence et de contestation que la Guinée sert regrettablement à la face du monde.

La Guinée : ce scandale politique !

Pouvoir et opposition sont englués dans l’impasse, incapables qu’ils sont de parvenir à un minimum de consensus politique de nature à éviter toutes ses convulsions qui agitent et endeuillent ce pays. Un pays gâté par la nature, mais réputé être un scandale géologique. Malgré ses immenses ressources naturelles, il compte paradoxalement parmi les pays les plus pauvres. La Guinée est aussi un scandale politique de l’aveu de son propre chef d’Etat, car rongé par l’incivisme, l’impunité, la corruption, le clanisme. et surtout victime d’une élite politique nombriliste dans les luttes de pouvoir. Il est bien connu que quand les éléphants se battent c’est l’herbe qui en pâtit; c’est-à-dire le petit peuple qui malheureusement est le seul à trinquer. Pour preuve, les derniers appels de l’opposition qui se sont soldés par une dizaine de morts et de nombreux blessés.

Bis repetita.

A la lumière de la répression policière, de l’intransigeance du gouvernement et du jusqu’au-boutisme de l’opposition, l’engrenage semble se mettre en place pour un remake des bains de sang passés. Autant le dire, la Guinée ne saurait être indéfiniment prise en otage par sa classe politique. Du tristement célèbre Sékou Touré réputé pour son camp Boiro ou le camp de la mort, au président Conté (non moins autoritaire), en passant par l’exubérant Dadis Camara et aujourd’hui Alpha Condé (décevant à l’épreuve du pouvoir), la Guinée soufre terriblement de son personnel politique.

Une lueur…

Cependant le renouveau politique est de l’ordre du possible, à  condition que la classe politique dans un sursaut collectif revienne à l’essentiel : servir le pays.  Il est encore temps avant que la Guinée ne s’enfonce dans les abysses des convulsions.

Lire la suite
21. avril
2015
Non classé
0

SUD-SOUDAN : le comble de l’ignominie politique.

salva_kiir

Manifestement l’Afrique ne finit pas d’étonner en matière de certaines mœurs politiques qui agacent et interrogent sur le sens de l’intérêt général d’une part de sa classe dirigeante. Le dernier des Etats africains en l’occurrence  le sud-soudan à peine proclamé que déjà défiguré par les luttes de pouvoir, vient d’en administrer la preuve. En effet, le parlement sud-soudanais vient d’accorder une prolongation de mandat  de trois ans au président Salva  kiir, que dis-je une prime à la paralysie politique, à l’activisme militaire de ce dernier. Tenez, sept accords de paix signés mais tous violés avec le frère ennemi d’en face (son ex-vice président Rik Machar aujourd’hui entré en rébellion), des milliers de déplacés et des centaines d’enfants  enrôlés. Et comme si le tragique tableau ne suffisait pas, les représentants du peuple soudanais ou plutôt la caisse à résonnance du parti au pouvoir se paye le luxe de concéder une rallonge de trois ans au président sortant. Le comble de l’ignominie politique, de l’indécence politique serait on tenté de dire tant-il est vrai que la gestion de cette crise majeure dans la corne de l’Afrique se révèle calamiteuse par  l’actuel tenant du pouvoir. Aucune perspective de résolution à l’horizon sinon la désolation, le choc des égos surdimensionnés que l’on sert à profusion au peuple. Si aussi à contrario, on est mû par une vision patrimoniale, nombriliste et prédatrice du pouvoir, il est plus qu’évident que les négociations de paix accouchent d’une souris. A l’évidence, certains dirigeants africains n’ont pas encore compris que la vocation de l’exercice  du pouvoir d’Etat est d’être au service du peuple et non contre le peuple. Alors, haro sur tout ce personnel politique africain qui s’enferme dans un autisme politique quitte à faire perdurer leur peuple dans  les affres  de la guerre civile.

Lire la suite
10. avril
2015
Non classé
0

Chaos libyen : à qui profite le crime ?

libyeIl est bien connu qu’en matière de relations internationales,  les raisons officielles qui président aux interventions militaires des grandes puissances cachent toujours des motifs inavoués. L’opération militaire de l’Otan (portée principalement par les Etats-Unis et la France) ne semble pas déroger à cette triste réalité.

Au-delà du droit d’ingérence humanitaire (la protection des populations civiles de Benghazi) évoquée par les tenants de l’interventionnisme occidental, il est établi aujourd’hui que l’activisme militaire franco-américain en Libye a revêtu un enjeu géostratégique, Et surtout, un enjeu géoéconomique. Le contrôle des immenses ressources pétrolières et gazières ou du moins la recherche de dirigeants très accommodants à la tête de la Libye. Est-il besoin de rappeler la relation épineuse du colonel Kadhafi avec l’Occident, un point qui a pesé dans la décision occidentale de porter la guerre en Libye.

Du reste, c’est un secret de polichinelle, le CNT (l’ex-organe de transition libyen) a concédé à la France des contrats très préférentiels dans l’exploitation du pétrole post-guerre, comme quoi l’altruisme ou la philanthropie n’a jamais été le moteur de l’action militaire occidental. Sinon comment comprendre encore qu’au jeu des exemples, les monarchies du golfe (l’Arabie saoudite, le Koweït, le Qatar, le Bahrein) qui ne sont pas moins dictatoriales que l’ex-régime de Khadafi bénéficient de la bienveillance, voire de la complicité de l’Occident en matière de violations des droits de l’homme ?

Une attitude à géométrie variable qui renseigne à l’évidence sur les visées occidentales en termes de sécurité énergétique. A l’instar de l’intervention militaire en Irak, en Afghanistan, celle de la Libye ouvre la porte au chaos. Un pays à feu et à sang depuis, où les milices et les groupes terroristes font la pluie et le beau temps. Le silence assourdissant actuel dans lequel se mure l’Occident coupable face à la tragédie libyenne interpelle et tranche d’avec son activisme militaire. Helàs, ainsi va le monde au gré des intérêts des grandes puissances.

Lire la suite
« »
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
mon oeil sur le monde

Auteur·e

L'auteur: Seydou KONE
Je suis professeur de philosophie. Depuis le pays où il y a plus de «titrologues» que de gens qui lisent les journaux (je parle de la Cote d’Ivoire), je vous décrypte ma société et le monde. Bienvenue chez moi, vous êtes chez vous.

Populaires

Ecole ivoirienne : ces prédateurs sexuels
13 mai 2015
Article : Crise migratoire en Europe  : « Il n’y a pas de victimes innocentes! »
Crise migratoire en Europe : « Il n’y a pas de victimes innocentes! »
13 novembre 2015
Ces salauds ont mis le feu à mon paradis !
9 avril 2015
France : au secours, ces «sales nègres» immigrés ou enfants d’immigrés…
29 décembre 2014
En Côte d’Ivoire, la grève devient un sport national !
26 mars 2015
Formation mondoblog Dakar2015: un « gaou » dans l’avion (acte 1)
10 décembre 2015
Alexis Tsipras vu d’Afrique
16 février 2015
Article : Thomas Sankara: 27 ans après, la force des idées demeure
Thomas Sankara: 27 ans après, la force des idées demeure
26 octobre 2014
Côte d’Ivoire : à Gagnoa on ne va pas à l’école
28 novembre 2014
Article : L’envoi de 2 100 soldats sénégalais en Arabie saoudite : un parfum de pétrodollars
L’envoi de 2 100 soldats sénégalais en Arabie saoudite : un parfum de pétrodollars
24 mai 2015
Le Grognon © 2026
-
BLOG DU RÉSEAU MONDOBLOG
Mentions légales Centre de préférences
250