Formation mondoblog Dakar2015: un « gaou » dans l’avion (acte 1)

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10 décembre 2015

Formation mondoblog Dakar2015: un « gaou » dans l’avion (acte 1)

fhb

Il est dans l’existence d’un homme, des tranches de vie qui restent à jamais marquées d’une pierre blanche. Immanquablement, cette formation mondoblog saison quatre à Dakar en fait partie. Et c’est peu que de le dire d’ailleurs. Si la formation a été  mémorable du point de vue du contenu, elle ne l’est pas moins, coté coulisse, insolite et découverte. En effet, il faut se l’avouer, la quasi-totalité des blogueurs présents à Dakar étaient des gaous c’est-à-dire dans l’imagerie populaire ivoirienne  des bleus, des novices qui n’avaient jamais pris l’avion. Et comme, il fallait s’y attendre, ce premier voyage dans ce gros oiseau métallique n’a pas manqué de charrier son lot de scènes cocasses, d’appréhensions et d’autodérision. Tenez,  ce samedi 28 Novembre 2015, le départ sur Dakar était  prévu pour 11h35 minutes, bien entendu, il fallait se rendre deux heures au moins à l’aéroport à l’effet de remplir les nombreuses formalités  d’usage. Contrairement à mon habitude de grand retardataire, dès 5heures du matin, c’était la veillée d’arme (ranger les affaires personnelles, s’assurer de la présence des documents de voyage et surtout apporter un soin particulier à ma mise vestimentaire du jour). Après tout, j’allais à Dakar par avion, c’était une première,  il fallait marquer le coup en sortant la grande artillerie c’est-à-dire la tenue d’apparat .A en juger par le concert d’exclamations de mes frères et sœurs à la sortie de ma chambre, visiblement, j’étais tiré à quatre peut-être cinq épingles même. Effectivement comme souhaité, mon médecin de frère (lui aussi retenu pour la formation) et moi arrivons à l’aéroport international Félix Houphouët Boigny aux environs de 9heures non sans être admiratif de ce hub aérien de la sous-région. Je n’y avais jamais mis les pieds et pour tout dire j’en étais conquis. De la vaste salle d’attente en passant par les galeries, les agences, la salle d’enregistrement et d’embarquement  assorti d’un escalier roulant, j’en prenais plein la vue. Mais, en bon ivoirien, il ne fallait pas accuser le coup c’est-à-dire ne pas laisser paraitre outre-mesure mon émoi et mon stress liés à ce nouvel environnement. Sauf que mon inexpérience a failli me faire trébucher à la prise de l’escalier roulant, je m’y suis pris par deux fois avant de parvenir à me stabiliser sur ce drôle d’engin. Fort heureusement, je m’y trouvais pratiquement seule, la honte liée au regard extérieur donc s’en trouvait réduite. Je réalisais que prendre un avion relevait d’un ensemble de démarches et de formalités tatillons. Contrairement à nos voyages en car très informels et anarchiques, tout était procédurier et passé au peigne fin. Surement que le contexte sécuritaire anxiogène lié aux récents attentats en rajoutait une couche. Figurez-vous que hormis le contrôle des bagages au scanner, le contrôle d’identité assorti de prise d’empreintes biométriques et de prise de vue par les services de la sécurité intérieure, nous sommes passés par un portique de sécurité avec à la clé une fouille au corps des plus minutieuses.  Aussi, faut-il préciser que nous avons été obligés de nous déchausser, d’ôter nos ceintures et tout ce qui portait une part de métal pour passer le portique de sécurité. Une véritable obsession du tout sécuritaire qui n’a pas manqué de m’agacer et de nourrir ce commentaire à l’endroit d’un agent de contrôle «  vous ne pensez pas que vous en faites trop ! »

Passés cette étape fastidieuse et laborieuse, nous sommes dirigés vers la salle d’embarquement ou nous pouvons enfin profiter de la quiétude et d’un certain confort douillet. Cependant, je reste partagé entre appréhensions et empressement de prendre place à bord de l’avion. Comment le vol se passerait-il ? Tous les cas de figures me taraudaient l’esprit et surtout les plus noirs, d’un acte terroriste à une avarie du moteur mais aussi une interrogation liée au génie humain « comment ce géant des airs arrivait-il à se maintenir surtout que notre vol devait durer environ trois heures ? » bref, pour le moins, mon intérieur bouillonnait et le haut parleur indiquait dans la foulée aux passagers en partance pour Dakar de se rendre à la porte trois pour l’embarquement. Il fallait que je parte non sans avoir battu le rappel de toutes mes forces et formulé une prière de protection. Nous franchissons ladite porte et nous sommes accueillis chaleureusement par de charmantes hôtesses de l’air qui nous invitent à rejoindre nos sièges respectifs. Avant le décollage, j’ai encore le temps d’appeler mon père et d’envoyer des texto à des collègues pour leur signifier ma présence dans l’avion avec une certaine pointe de fierté car sous nos latitudes ivoiriennes voire africaines prendre l’avion est loin d’être un acte banal. Le commandant de bord au nom du personnel navigant nous souhaite la bienvenue et enclenche le décollage progressif, les vrombissements du moteur sont à peine perceptibles, on sent que l’avion prend de plus en plus de la vitesse sur la piste, dans une poussée ultime et de fortes secousses, il s’arrache à la terre. Nous voilà dans les airs, en partance pour le pays du poète-président Léopold Sedar Senghor

 

 

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Commentaires

Salaud
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1983 : Michel Sardou chantait "Je vole". Et toi tu l'as écrit... il reste celui qui va le rapper, pour que ça soit complet... En tout cas je t'ai vu en chair et en or, et peut-être t'ai-je confondu avec le proprio des gbè d'Abidjan... de temps à autre, avoir une vision salope, voilà ce que ça fait !

kone seydou
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ah le salaud, tu restes inoubliable,merci d'etre passé

Ecclésiaste Deudjui
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Ahahahahahahahahaha Seydou. Donc je nétais pas le seul gaou hein. En tous cas tu as relaté toutes mes impressions et mes appréhensions.
On n'oublie jamais son premier vol mon frère!

kone seydou
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sacré ecclessiaste, ce fut un plaisir de t'avoir rencontré