OPPOSITION POLITIQUE AFRICAINE : LE SYNDROME DE LA DÉSUNION !

On ne le dira jamais assez, l’opposition politique africaine est rongée par la même gangrène congénitale, par le même mal rédhibitoire, celui de la désunion, de la balkanisation. Comment l’opposition sous nos tropiques africains pense-t- elle raisonnablement venir à bout des régimes auxquels elle a,  à faire face, vieux pour certains de 20 ans, 30 ans ou plus, sans créer un front uni ? La question s’impose avec la force de l’évidence tant il est vrai que les élections présidentielles se succèdent sous nos latitudes, sans que les oppositions politiques africaines n’arrivent à relever le défi de la candidature unique. Engluées qu’elles sont dans les luttes intestines, dans une guerre de clochers, de positionnement où  chaque opposant roule pour sa petite boutique, pour sa petite chapelle sans entrevoir l’exigence d’une union sacrée pour assurer le changement tant attendu. Pas besoin de se creuser longtemps les méninges pour réaliser que cet émiettement de l’opposition politique africaine se nourrit principalement de l’éternel bataille de leadership entre factions rivales. Une lutte d’influence intra muros qui tourne au choc des égos.

Une opposition en proie à la guerre des égos

Assis sur la montagne de leurs certitudes, les opposants politiques africains nourrissent tous à tort l’ambition d’un destin messianique ou présidentiel. Rien moins que l’expression d’un égo surdimensionné, qui n’a d’égal que leur incapacité notoire à se réunir sous une bannière unique. C’est un paradoxe bien africain, une gageure que les opposants politiques africains se croient individuellement capables de terrasser ces régimes autocratiques à l’échelle du continent, sans se coaliser sous une étiquette commune. Le dernier épisode en date, est ce qu’il est convenu d’appeler le psychodrame de Genève, qui a vu l’accord des têtes d’affiche de l’opposition congolaise sur le choix de Martin Fayulu, avant que ledit choix ne soit dénoncé à peine 24 heures plus tard. Le ticket vital Kamehre Etienne Tshisékedy qui a vu le ralliement du premier au second, même s’il est à saluer, reste insuffisant pour battre le candidat unique de la mouvance présidentielle. Il y a lieu de préciser que nous sommes dans un mode de scrutin à un tour, qui se révèle à l’analyse comme une sanction de l’émiettement politique. Une opposition en rang dispersée face à un pouvoir resserré autour d’un candidat unique, qui a pour lui les cordons de la bourse et l’appareil d’Etat, part largement favorisé d’autant plus que l’élection présidentielle se tiendra vraisemblablement à huis clos -sans observateurs étrangers-. Le cas congolais est loin d’être isolé, il n’est pas sans rappeler celui de l’opposition malienne, camerounaise, togolaise…qui n’arrivent pas à vaincre le signe indien de la division.

Un autre facteur non moins important du délitement de l’opposition politique sous nos latitudes africaines est sa vénalité.

Une opposition politique en butte à la vénalité

Il  n’est pas rare de voir certains opposants politiques céder aux avances du pouvoir en place, en acceptant des promotions ministérielles, des avantages pécuniaires et matériels. Une transhumance avec armes et bagages qui en dit long sur leur incapacité de résilience face aux sirènes de l’argent. Il faut se l’avouer sous nos tropiques africains, certains partis politiques n’ont de nom que leur appellation, de véritables ‘’partis alimentaires’’ qui sont aussi inconstants que des girouettes, prenant le soin toujours de « sécher leurs habits là où le soleil brille » selon le mot d’une figure politique ivoirienne,- comprenez par là : se ranger du côté du pouvoir pour profiter de ses délices-. Une versatilité qui agace les masses sociales et qui participe aujourd’hui d’une désaffection du citoyen lambda d’avec la chose politique.

En tout état de cause, plus qu’une option, l’unité des partis d’opposition sous une candidature unique  dans nos Etats africains fait figure d’exigence. L’accession au pouvoir d’État est à ce prix.

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