Et si Trump était une chance pour l’Afrique ?

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Au-delà du concert de protestations et d’indignation qui accompagnent  l’arrivée du 45ième  locataire de la maison blanche, en l’occurrence le désormais président Donald Trump, il faut reconnaître que toute situation fut-elle tragique (comme on pourrait le penser avec l’arrivée de Trump au bureau ovale) comporte une fenêtre d’opportunités ou de possibilités qu’il faut savoir exploiter. Il faut bien se l’avouer, Donald Trump n’a pas un tropisme africain et c’est peu que de le dire. Quand on sait que durant la campagne électorale, dans un de ses meetings enflammés, dans un humour noir, il traitait les africains noirs de paresseux, qui ne songent qu’à manger, à boire et à faire l’amour. Voila au moins qui a le mérite d’être clair.  L’Afrique ne devra compter que sur ses propres forces pour asseoir son développement. Ce nouveau changement de locataire à la maison blanche à l’avantage de ne pas faire nourrir de vains espoirs au continent  africain, qui à tort avait prêté des ambitions africanistes à Barack Obama, ce descendant d’immigré kenyan, véritable incarnation du rêve américain et pourquoi pas du rêve de renaissance africaine ?

Hélas, huit années passées après ce formidable enthousiasme des peuples africains qui a accompagné l’arrivée du premier président afro-américain sur le toit du monde, on serait tenté de dire tout  ça  pour ça. On fait vite d’oublier que Barack Obama a été élu par le peuple américain pour résoudre prioritairement les problèmes des américains. Il est avant tout un citoyen américain que dis-je un patriote américain, soucieux de d’entretenir la grandeur des Etats-Unis. Pas plus que Barack Obama ne peut être la planche de salut du continent africain, pas moins que la présidence de Donald Trump ne serait être quelque chose de fondamentalement dramatique pour l’Afrique. Les Etats-Unis ne peuvent pas soulager  ou abriter outre mesure la misère du monde en général et celle de l’Afrique en particulier. Du reste, l’Afrique n’a pas à attendre que son salut vienne de l’extérieur, fut-ce de la première puissance mondiale, elle-même aux prises avec ses propres difficultés.  Comme le faisait remarquer avec raison l’ex-président américain John Kennedy «  ne nous demandons pas ce que l’Amérique peut faire pour nous, mais ce que chacun de nous peut faire pour favoriser son propre bonheur ». Et si une bonne fois pour toutes, l’arrivée de Trump marquait le réveil du continent africain quant à la prise en main effective de son destin ? Et si l’élection de Donald Trump servait d’électrochoc ou de piqûre  de rappel  au continent africain ?

On sait le personnage isolationniste, outrancier et négrophobe, raison de plus pour que l’Afrique se résolve définitivement à sortir de ces rapports empreints de vassalité, de paternalisme et de misérabilisme qu’elle entretient avec les « grands » de ce monde. En tout état de cause, le développement de l’Afrique est appelé à être  selon le mot de l’historien burkinabé Joseph Ki-Zerbo, «  autocentré, autopropulsé ou endogène ». Le roi du Maroc Mohamed 6 semble avoir pris en particulier la mesure de la  nécessité de promouvoir la coopération sud-sud, d’où sa très belle formule « l’Afrique doit apprendre à faire confiance à l’Afrique ». Il fait figure  de véritable chantre de la coopération intra-africaine ayant réalisé très tôt  que l’Afrique  recèle de nombreux relais de croissance au point d’être aujourd’hui la dernière frontière du développement.

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