PATRICE TALON : L’HOMME DE LA RUPTURE ?

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Désormais à l’épreuve du pouvoir, après avoir réussi le tour de force de battre l’ex-premier ministre Lionel Zinsou  (qui avait pour lui l’appareil d’Etat et le soutien du principal parti d’opposition), Patrice Talon personnifie plus que jamais les nombreuses attentes sociales de la population béninoise à forte majorité déshéritée. Il faut se l’avouer, les deux mandats du président sortant Yayi Boni ont été relativement décevants,  du moins en ce qui concerne les acquis sociaux. Au-delà de la relative embellie  macro-économique (un taux de croissance de 5%), les scandales de corruption, le clientélisme et surtout l’incapacité des pouvoirs publics à tirer les masses sociales des griffes de la pauvreté ont alimenté à juste titre un ressentiment  des masses laborieuses à l’égard de l’élite dirigeante. Du reste, l’élection présidentielle qui a tourné à un référendum pour ou contre la continuité du système Yayi Boni et le vote sanction  des électeurs béninois ont confirmé  le désaveu généralisé des populations. Patrice Talon saurait-il être l’homme du renouveau ? Ce personnage providentiel capable de sortir le Bénin des profondeurs du sous –développement ? Rien n’est moins sur ! Sans vouloir préjuger de l’issue du mandat du président entrant, les mœurs politiques actuelles nous enseignent que sous certaines latitudes, les fruits ne tiennent pas toujours la promesse des fleurs. Du président Hollande, à Yayi Boni, en passant par Macky Sall, Ibrahim Boubacar Keita ou Allassane Ouattara, le constat de la désillusion d’une large partie de leur peuple respectif s’impose avec la force de l’évidence. On serait tenté de dire tout ça pour ça ! Tous portés par une large caution populaire voire un plébiscite au pouvoir sauf que  les attentes sociales liées aux présidents sus –mentionnés ont été en grande partie déçues. Cependant, n’allons pas vite en besogne, les intentions affichées par le nouveau tenant du pouvoir béninois sont aussi autant de motifs d’espoirs. De sa volonté de ne faire qu’un seul mandat ( ce qui serait historique)  à la promesse de moralisation de la vie publique en passant par la mise en place d’un gouvernement de combat et non de remerciements, le nouveau président Patrice Talon veut imprimer ses marques. Les marques d’une nouvelle gouvernance au service du peuple ou le citoyen lambda verra enfin ses conditions existentielles changer qualitativement. Espérons tout simplement que ce catalogue de belles  promesses ne tournent pas une fois de plus à l’enfumage ?

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