Obama en Afrique : et après !

obama_deception2Sans vouloir verser dans un anti-américanisme de bas étage ou dans un optimisme béat qui a accompagné l’arrivée au pouvoir du 44e locataire du bureau ovale en l’occurrence Barack Hussein Obama, force est de reconnaître qu’au sortir de son deuxième mandat , le bilan de la politique africaine du 1er président afro-américain est bien maigre, voire famélique. Et pourtant que d’espoirs suscités, que d’enthousiasmes soulevés en 2008 à l’échelle de tout le continent africain lors de sa consécration sur le toit du monde comme le nouveau président des Etats-Unis d’Amérique. La rue africaine s’était mise à rêver en prêtant des ambitions africanistes à ce descendant d’immigré kényan, véritable incarnation du rêve américain et pourquoi pas du rêve de renaissance africaine ?

Hélas, le réveil est douloureux quasiment huit ans après et on serait tenté de dire tout ça pour ça. Aujourd’hui de retour sur la terre de ses ancêtres, tout porte à croire que sa présente tournée ne changera pas grand-chose à cet état de fait. Du reste, c’est un secret de polichinelle, l’Afrique n’a jamais constitué véritablement un enjeu stratégique et économique pour le pays de l’oncle Sam comparé à l’activisme de la Chine, de l’Europe, du Brésil ou de l’Inde. On ne le dira jamais assez, le salut de l’Afrique ne viendra que de l’Afrique notamment à travers une reconversion totale des mentalités dans le sens de l’affranchissement d’une vision exogène du développement.

–Rompre avec la mentalité d’éternels assistés

C’est une vérité banale du jeu des relations internationales, l’état d’indigence de certaines parties du monde profite à la consolidation de l’assise des nations les plus développées. Laquelle assise s’est faite en partie sur le dos du continent noir. Pour rien au monde, ces pays nantis ne voudraient changer l’ordre économique actuel du monde qui confine l’Afrique dans le rôle de simple pourvoyeuse de matières premières et de déversoir des biens manufacturiers occidentaux à forte valeur ajoutée. Alors, au-delà des déclarations de bonnes intentions relatives à l’aide publique au développement qui d’ailleurs depuis des décennies n’a pas réussi à tirer l’Afrique de son marasme, il faut se raviser et se réconcilier avec une vision endogène du développement, autocentrée, autopropulsée. Le souverain chérifien semble l’avoir bien intégré et passe pour être désormais le nouveau chantre de la coopération intra-africaine.

–L’Afrique doit faire confiance à l’Afrique

En homme revenu du mirage occidental, le roi Mohammed VI du Maroc a compris très vite que l’Afrique est une terre extraordinaire d’opportunités, plus besoin d’aller chercher obligatoirement des relais de croissance sur le vieux continent d’ailleurs aux prises avec les rigueurs de l’austérité, le développement du partenariat intra-africain constitue plus que jamais un levier important de la croissance marocaine. Le volume des investissements du royaume chérifien en Afrique et son expertise avérée dans différents secteurs d’activités (l’hôtellerie, la banque, les télécommunications, le bâtiment, l’offre universitaire et que sais-je encore) font de lui incontestablement un hub continental. Vivement que l’élite dirigeante africaine s’en inspire et que les masses populaires fassent définitivement le deuil de solutions extérieures à leurs difficultés.

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