Afrique : nouveau terreau fertile du terrorisme ?

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La furie destructrice de Boko Haram

Cette interrogation n’est pas superflue ou anecdotique tant il est vrai que le constat de la poussée terroriste à l’échelle continentale s’impose aujourd’hui avec la force de l’évidence. Aqmi, Boko Haram, Ansar Dine , Ansar al-charia, Mujao, Al-mourabitoune, le groupe Etat islamique (en Libye), les shebbabs et que sais-je encore pullulent sous nos tropiques.

Jusqu’à une date relativement récente, l’Afrique, généralement, avait été épargnée par les affres du terrorisme islamiste et en particulier l’Afrique noire. Cette zone faisait figure d’exception dans un monde déjà rongé par le cancer du terrorisme. Hélas, tout porte à croire que le continent est devenu le second épicentre du terrorisme islamiste après le proche et le Moyen-Orient. Entre enlèvements, décapitations, allégeance de Boko Haram au groupe Etat islamiste et forte présence des groupes jihadistes dans la bande sahélo-saharienne, l’Afrique glisse dangereusement dans l’abîme de l’extrémisme religieux.

Cette situation fort regrettable est née de la confluence de plusieurs facteurs, à ce titre, nous pouvons citer d’abord la faiblesse de nos Etats dont précisément la porosité des frontières et l’inadaptation de l’appareil sécuritaire à cette nouvelle forme de guerre asymétrique.En outre, le mal développement ou le sous-développement dans lequel se trouve la quasi-totalité des pays africains sert idéalement de terrain propice aux groupes terroristes. Ces derniers peuvent endoctriner et  recruter dans les rangs de la jeunesse en grande partie désoeuvrée. Un dernier facteur et non moins important, celui de la très large diffusion de l’idéologie wahhabite aujourd‘hui à l’échelle du continent avec pour conséquence un enseignement religieux de plus en plus rigoriste, qui tranche d’avec l’islam tolérant que le continent a toujours connu.

Cependant, loin d’être une fatalité, la gangrène du terrorisme peut être contenue sous certaines conditions, à savoir d’abord le renforcement de l’appareil sécuritaire et la mutualisation des moyens de lutte contre les groupes terroristes (à l’instar de la lutte régionale contre Boko Haram). Ensuite, il faut résorber le chômage ambiant dans lequel est plongée la jeunesse pour éviter qu’elle ne succombe aux chants de sirènes des groupes terroristes. Enfin, il importe d’encadrer l’enseignement religieux dispensé dans les écoles coraniques par un droit de regard de l’Etat afin de revenir à un islam tolérant et ouvert. Comme le rappelle avec raison Jean Jaures « on transmet du foyer des ancêtres, la flamme et non la cendre ».

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