Côte d’Ivoire : à Gagnoa on ne va pas à l’école

 

www.saintpierre-express.fr flickr

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Les années passent et se ressemblent à Gagnoa. En dépit du changement de régime et de la volonté du ministère de l’Education de sortir des sentiers battus. Comprenez; se débarrasser des vieilles pratiques comme la violence et l’incivisme qui ont plongé le système éducatif ivoirien dans un état comateux.

Hélas, les habitudes n’ont pas fondamentalement changé au niveau des mœurs scolaires à Gagnoa. Le règne de l’enfant roi ou de l’élève roi prend un relief fort particulier dans cette ville historiquement et politiquement frondeuse. Tout est prétexte pour les élèves à se donner des jours de congés indus ou à défaire le calendrier national des congés scolaires selon leur caprice du moment.

Dernier exemple, ce lundi 10 novembre 2014, l’atmosphère est lourde au sein du lycée moderne 3 de Gagnoa, motif : le décès d’un enseignant. Après la montée du drapeau, les apprenants se regroupent et décident sur le moment de l’arrêt des cours jusqu’au mercredi 13 novembre et selon une tendance jusqu’au 15 novembre. Dans la foulée, le proviseur convoque une réunion avec le personnel enseignant et d’encadrement durant laquelle il décide avec l’accord du DREN de marquer le deuil en libérant les élèves pour la seule journée du lundi 10 novembre.

Surprise (pas vraiment) le mardi 11 novembre, la cour du lycée moderne 3 est désespérément vide, l’arrêt des cours lié au deuil décrété par les élèves se poursuit toujours selon leur convenance. Cette attitude surréaliste me fait penser à la remarque d’un collègue : « Au lycée moderne 3 lorsque les cours sont perturbés en début de semaine, les cours ne reprennent qu’en début de semaine prochaine », drôle de fatalité pour une drôle d’école dans cette partie combien sensible de la Côte d’Ivoire.

Triste que de voir instrumentaliser le décès d’un enseignant par les élèves à des fins d’arrêt de cours prolongés. Cette culture du mépris des règles et de l’incivisme qui consiste à laisser les apprenants faire la pluie et le beau temps semble être nourrie aussi bien par le laxisme coupable des chefs d’établissement que de la direction régionale de l’éducation nationale. En attendant la prise de mesures énergiques pour freiner ce fléau, le règne de l’apprenant roi à Gagnoa semble avoir de beaux jours devant lui avec pour credo : « On ne va pas à l’école à Gagnoa et ça ne va pas à quelque part ».

4 réflexions au sujet de « Côte d’Ivoire : à Gagnoa on ne va pas à l’école »

  1. Monsieur le professeur, Seydou Kone, lisez-moi jusqu’au bout, s’il vous plait. je viens de lire votre « article » : Côte d’Ivoire : à Gagnoa on ne va pas à l’école. je me permets de laisser le commentaire ci-dessous. Voila : vous dites n’importe quoi.De la ville et des populations de gagnoa, voila tout ce que vous retenez : »Le règne de l’enfant roi ou de l’élève roi prend un relief fort particulier dans cette ville historiquement et politiquement frondeuse ». Ceci est faux et archi faux.La preuve est que Gagnoa est une region qui compte le plus de cadres et de grands intellectuels. Par ailleurs la culture Bhete est absolument differente de la culture malinke. Chez nous, quand on est pas content, on l’exprime faut et fort. Si les enseignants et les eleves ont decide d’un jour de deuil en l’honneur de cet enseignant decede, c’est sans doute eu egard aux circonstances du deces et a la personnalite du defunt, vous n’en parlez meme pas. Au lieu d’ouvrir 1 « oeil sur le monde », ouvrez vos deux yaeux, ce sera mieux et ca vous evitera le ridicule. Pour votre gouverne, Monsieur le professeur de Philosophie, sachez que les « Bhétés » sont un peuple traditionnellement hospitalier qui accueille des milliers d’immigrants venus des autres départements de la Côte d’Ivoire. Ainsi, outre les Bhétés, on y trouve aussi d’importantes communautés Gouros, Gbans, Dioulas, Baoulés, etc.
    Par ailleurs, y vivent également d’autres milliers d’immigrants venus d’autres pays (mali, Burkina, Senegal, etc.) Vous comprenez maintenant pourquoi je dis que vous racontez n’importe quoi. Et, le pire est qu’il se trouve des deregles et des ignorants, au meme degre que vous, pour vous applaudir. Mais, fort heureusement, il se trouve des gens comme Aly Coulibaly pour vous tirer de votre torpeur, vous interpeller sur votre cecite et vous indiquer que c’est l’ecole ivoirienne toute entiere qui est pourrie et que ce qui se passe a Gagnoa n’est qu’un echantillon de ce qui se passe partout dans le pays ou, des sa prise de pouvoir ADO a fait ferme les universites pendant une annee scolaire entiere (oh scandale!) sous le fallacieux pretexte de « renovation des batiments », on connait le resultat, et cela ne vous a nullement offusque, Monsieur le professeur de philosophie, non! Vous etes tout simplement execrable! Sans rancoeur, ni rancune.
    LEANDRE SAHIRI, Docteur es lettres, enseignat-chercheur, ecrivain, Directeur de publication des Editions MARY BRO FONDATION PUBLISHING.

    • Seydou KONE Seydou KONE dit :

      M. LEANDRE SAHIRI je décris une situation et par la même occasion j’interpelle les pouvoirs
      politiques et toute la société toute entière dont vous et moi faisons partir. Je crois qu’il y’a d’autres tribunes
      pour faire des débats politiciens. Je vous invites à ouvrir votre blog sur Mondo et d’exposer
      tout votre sentiment sur les sujets que vous estimez. J’espère pour ma part que nous voulons
      tous le bien de nos enfants et jeunes frères.

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